28/01/2012

Voltaire Twins | Romulus

Romulus, le second EP du groupe australien Voltaire Twins est surtout connu non pas pour ses quatre titres mais pour principalement deux remixes : celui de Lifelike pour "Animalia" et un autre plus récent de Moullinex pour "Romulus". Mais peu d'échos émanant directement de l'EP ont été reportés. Pourtant, les motifs sont intéressants et pour une fois, les vocalistes ne sont pas uniquement masculins ou féminins évitant ainsi que l'ennui ne vienne des voix.

De toute façon, d'ennui, il n'en est pas question : même si le titre d'ouverture "Romulus" utilise des synthés rêveurs, ces derniers en font assez pour irriguer l'espace d'une douceur électrisante et n'implore pas les lares pour faire revivre un passé glorieux. Au pire, même si les paroles incantatoires de "Romulus" ("Follow the ocean and follow your head, don’t worry about us, we’re already dead") ne repose pas sur une décharge analogique puissante, "Animalia" débarrasse les quelques soupçons pesant sur cette impression tenace : de la synthpop oui, mais percutante et aérienne où l'omniprésence des claviers n'est qu'un moyen d'atteindre ce stade sombre et décadent et non une finalité en soi comme c'est souvent le cas.

Cela comporte cependant un risque dans l'homogénéité de Romulus car on atteint à peu près la même chose : l'un des problèmes de cet EP est qu'il manque un peu d'ambition si bien que les quatre titres empruntent grâce aux synthés des schémas ascensionnels similaires au risque de tomber dans des travers presque banals et monotones. Néanmoins, Tegan et Jaymes contrent cet aspect par l'alternance dynamique des voix dans "The Wolves In The Walls" mais personne ne prend le dessus. Lorsque ces deux se rejoignent dans le refrain, il en devient presque inconsistant et ne diverge pas de la direction obscure que les deux précédents titres imposaient et ce n'est l'apparition d'effets hypnotiques qui inversent la tendance. On regretterait presque l'influence disco qui régnait sur leur premier EP, Cabin Fever. Pour finir, les percussions de l'intro de "The Wolves In The Walls" résonnent désormais de manière plus élastique et en continu sur le robuste "Island Talk" : ils assument enfin le côté entraînant et dansant ce que rechignait à faire "The Wolves In The Walls", qui se trouve finalement entre deux (niv)eaux.

Cet EP affine bien la direction empruntée par Voltaire Twins : le groupe se prend désormais au sérieux mais la proportion finale de leur influence synth / new wave / disco n'est pas encore assez bien dosée. On entend un déséquilibre assez net, à l'opposé de celui qui prévalait dans Cabin Fever, qui est par ailleurs corrigé dans leurs performances. Il n'en reste pas moins agréable grâce notamment aux deux marqueurs de Romulus : la chanson-titre et "Animalia". Après tout, ces EP ne sont là que pour calibrer les ressorts du futur album.

Voltaire Twins - The Wolves In The Walls

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