27/06/2012

Sélection nocturne

Par le temps qui court, rien ne vaut que de s'habituer à passer une nuit ordinaire.

André Obin ouvre cette sélection sur un tout autre mode que celui engagé dans "Valencia" : avant de s'aventurer vers cet état industrieux, André Obin possédait déjà des idéaux représentés à travers "The Arsonist", "Soft Rain" et "Golden Hair" : les méandres d'un rythme pressant et voguant au-dessus des scintillements synthétisées trouvent un écho à peine voilée dans une voix hautement vocodée et s'ouvrent sur un monde totalement fascinant.

André Obin - Golden Hair


Pour une première, on voulait que Teeel n'offre pas ce qu'il a forcément de plus récent (notamment des morceaux de son second album University Heights) mais plutôt ce qui montre le plus son désir d'explorer des recoins n'ayant pas d'emprise avec la réalité. Tiré de son premier opus Amulet, "Galilean Moons" relève bien de cette dernière catégorie : les lignes s'élèvent toujours plus haut en vue d'atteindre un état de flottement.

Teeel - Galilean Moons


Les titres précédents étaient entourés d'une imagerie bienveillante et relaxante. On commence à y décrocher en écoutant les fantasmes que nourrit d'Ambra Red envers les membres de Kraftwerk : mine de rien, la construction répétitive et la progression mécanique de "Ralf, Karl, Florian & Wolfgang" incarnent la névrose de la Suédoise si bien qu'ils représentent à ce jour son seul stimulant pour l'esprit.

Ambra Red - Ralf, Florian, Karl & Wolfgang


Plus on avance, plus l'horizon s’assombrit : Protector 101 utilise sur différents niveaux ses synthétiseurs et boîtes à rythme afin de recréer un paysage rétro-futuriste au relief beau et inquiétant, qui aurait très bien pu figurer dans un film où la frontière entre la réalité et la science-fiction n'aurait jamais été aussi peu hermétique.

Protector 101 - Runners


Feral Cross est aussi obscur que sa musique, on sait juste qu'un EP / album, Last Hours, de ce duo américain est disponible gratuitement. Ce titre était sans doute prémonitoire puisque depuis, plus rien n'a filtré en provenance de Feral Cross. Quant à "Tonight", tout est réglé au millimètre, de ses boucles froides à la progression géométrique de synthés : en fin de compte, on ne vit pas la nuit, on la subit.

Feral Cross - Tonight


On finit sur les prières impénétrables délivrées par Lovers Revenge : ce duo de Floride dessine les prémices d'un cauchemar sous influence dark wave dans "Hate (Be With You)". Pour le comprendre, il se fait la formidable caisse de résonance expiatoire de tout un monde sous scellé dont on entrevoit le potentiel de domination à travers les brefs effets électroniques qui fusent, les déformations de voix lointaines.

Lovers Revenge - Hate (Be With You)

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