17/06/2012

La préparation de Nordstrøm

Nordstrøm : autant ne pas trop le cacher, Lars Malm et Troels Hold, le duo derrière Nordstrøm, sont bel et bien originaires du Danemark et écrivent en plus leurs textes en danois. Ils ne sont pas totalement inconnus ici-bas puisque "Stereo" faisait office de coup de cœur d'un soir, il y a bien longtemps. Ce titre était extrait de leur premier album Dagdrømmer sorti en 2006. Puis vint deux ans plus tard Endnu En, plutôt décevant, tombé sous les coups des poncifs, et enfin suivi par Alt På Plads (2010) qui a redressé la barre loin de la perdition attendue. On ne peut pas en dire autant au sujet de Hej Matematik si on s'attarde à leurs derniers titres.

Alt På Plads suscite de l'intérêt car il sonne comme la mise à jour légère mais nécessaire du logiciel Nordstrøm. Le duo s'affranchit peu à peu des contraintes rétro qui les avaient faits basculer sur l'album précédent en fissurant le monolithe synthétique qu'ils avait érigé. Sans rien perdre de leur rythme mécanique, ce troisième album se veut plus pointu. Il l'a d'ailleurs bien montré avec le premier titre extrait de cet opus, "Januar" : les Pet Shop Boys n'étant pas si éloignés que ça, Lars et Troels consolident leurs bases synthpop avec finalement peu d'éléments en jeu. On se sent happé par l'éclat mélancolique que la voix brumeuse de Lars couplée aux sursauts du refrain développe le long du morceau.


La contrepartie est que la prise de risque reste faible. Les sonorités ont été bien plus que polies et parfois, cela devient trop gentil, même si le but n'est pas d'en mettre plein la vue. Au-delà de la ligne officielle correspondant à peu de chose près à apporter une certaine naïveté (pour ne pas dire pureté) dans la musique synthpop, Nordstrøm s'approprie de lignes de synthés élégantes et accrocheuses qui s'entourent d'une armature lourde sur "Lykkeligt Glemt", d'attaques de guitare sur "Alt På Plads" ou d'autres effets légers et colorés dans "Johnny". Cette impression est entretenue aussi par l'image rétro que cultive Nordstrøm : cela faisait longtemps que le micro à fil n'avait plus droit de cité dans les vidéo actuelle. Mention spéciale pour la vidéo de "Johnny" :


On se demande parfois si Nordstrøm ne tourne pas en dérision les excès qu'auraient pu avoir leurs aînés par le passé. C'est que l'on retient de la piste d'ouverture "Respirator" dans lequel les relations homme / robot sont traitées comme dans le reste de l'album à travers la vie quotidienne que mettent en place les Danois mais tournent vite au drame. Contrairement à ce qu'avait laissait entendre Kraftwerk.


Nordstrøm a donc pris la bonne direction : reste à savoir si pour son prochain album, il osera durcir ses positions.

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