22/06/2012

Henric de la Cour

Qu'on ne s'y trompe pas dès le départ, Henric de la Cour (variante de son vrai nom) officie bien dans sa Suède natale. Il possède quelques faits d'armes : il a fait partie de divers groupes suédois notamment Yvonne dans les années 90, a créé participé à des titres en compagnie de Andreas Tilliander et Familjen. Un horizon musical bien rempli qui s'étend encore plus depuis le lancement de sa récente carrière solo avec son premier album Henric de la Cour paru en 2011.

Pour Henric de la Cour, cet album constitue l’avènement des sonorités électroniques souvent froides se mouvant non pas dans la nuit mais dans les ténèbres dont il représente un des membres : c'est que l'on écouterait sur une radio la nuit si on errait au milieu de nulle part. Loin d'être sinistre, ce décor sert simplement de lieu d'expression. Henric de la Cour tourne ses morceaux de manière à imposer sa présence aussi bien sur des morceaux ambient que d'autres maquillé sous l'apparence dark wave minimaliste ce qui le différencie grandement des autres albums à tendance synthpop actuels. Entre "Hank Solo", "Dogs" et "Dracula", l'album porte de Henric de la Cour.

Justement, "Dracula" plonge dans les entrailles de la tension parcourant l'opus : en dessous du manège aérien d'arpèges, il concentre une force prenante dans la mélodie qui entre magnifiquement en résonance lors du refrain avec la rage de Henric de la Cour. Cette rage ne s'exprime pas qu'à travers ses paroles, elle sort aussi de son corps qui en devient affecté.


Désormais, Henric de la Cour continue sur sa lancée solo. Son dernier titre "Grenade" ne fait pas partie de l'album mais il aurait pu : couplé à une reprise "Harmony Dies", il se présente même sous la forme d'un vinyle et chose plus insolite, d'une cassette! Autant le dire d'emblée, cette balade est tout simplement sublime. Le premier couplet ne laisse rien deviner ce que réserve le refrain : face aux basses nues et répétitives, limite mécaniques et aux effets synthétisées discrets, Henric enrichit les textures en intensité et en émotions jusqu'à ce qu'il livre son âme : même dans la déchéance, il n'a pas usurpé son titre de noblesse. Il ne pouvait pas mieux l'illustrer que lors d'un match de beach-volley.

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