18/06/2012

Voltaire Twins vénère Apollon

Voltaire Twins ne voue pas seulement un culte à Romulus. Il ouvre désormais son panthéon à un certain Apollon. Ces deux figures ne sont pas totalement étrangères l'une de l'autre puisqu'elles se rapprochent toutes les deux, de près ou de loin, d'une histoire faisant intervenir un loup. Sur Apollo, le groupe australien a pris de l'envergure en affinant ses productions ce qui est indéniable en écoutant les 4 titres qu'il propose dans cet EP. Son ambition n'a pas changé, il consiste toujours à mettre l'énergie sombre extraite de leur synthpop / new wave à disposition de la piste de danse.

Il faut croire que les noms des deux EP n'ont pas été choisis au hasard. On serait même tenté de dire que l'on retrouve quelques-uns de ses attributs divins dans les deux. On ne s'en rend pas compte tout de suite mais de "Solaris" à "Silhouettes", la part sombre de leur mélodie se dissipe peu à peu et n'est plus seule : tout est rempli d'échos et d'harmonies. Dans l'ensemble, les voix de Tegan et Jaymes, moins intenses, y contribuent. La mélodie de "Solaris" bascule depuis une atmosphère impénétrable aux lueurs fluctuantes vers un état libérateur. A côté, le single "Young Adults" (toujours disponible gratuitement) fait place à des arrangements efficaces prompts à déclencher des étincelles discrètes au dessus des lignes de synthés. Il n'est pas le meilleur titre de l'EP vu que ce privilège appartient aux deux derniers morceaux. 

Derrière leur halo d'optimisme latent, chaque titre porte pourtant la trace d'un trouble voilé. Par exemple, on a l'impression que les basses étranges et fascinantes de "Jump Cuts" peuvent basculer à tout moment l'ambiance du titre du crépuscule naissant à la nuit totale : une célébration envoûtante dans toute sa splendeur. L’euphorie général de l'EP dont "Silhouettes" porte l'écho amplifié n'est pas qu'anecdotique : le rythme se fait happé par des excès d'ivresse et la sensation d'infini qui se développent sur près de 4 minutes culminant avec une apothéose : "we leave our bodies, never say sorry, we'll still be silhouettes". Il en donne en tout cas l'illusion dans cet environnement pas si idyllique.

En fin de compte, cet EP renferme quelques bonnes surprises et gomme les quelques défauts du précédent. Reste à savoir si cela se passera de la même façon sur un éventuel album.

Voltaire Twins - Apollo EP

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